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Inauguration officielle du nouveau local du Centre LGBT de Nantes
Vendredi 10 février 2012
Publié le vendredi 17 février 2012

Retour sur l’inauguration officielles des nouveaux locaux du Centre LGBT de Nantes, le vendredi 10 février 2012.

Discours de Vincent Danis, président du Centre LGBT de Nantes


Discours de Philippe Grosvalet, président du Conseil Général de Loire Atlantique


Discours de Jacques Auxiette, président du Conseil Régional des Pays de la Loire


Discours de Jean-Marc Ayrault, Député-Maire de Nantes


Retranscription du discours de Vincent Danis, président du Centre LGBT de Nantes

Inauguration du nouveau local du Centre LGBT de Nantes

Vendredi 10 février 2012

Discours du président du Centre LGBT de Nantes

Monsieur le sous-Préfet,
Monsieur le Député-Maire de Nantes,
Monsieur le Président du Conseil régional des Pays de la Loire,
Monsieur le Président du Conseil général de Loire-Atlantique,
Mesdames,
Messieurs,
CherEs amiEs,

Le Centre LGBT de Nantes est heureux de compter sur votre présence à l’occasion de l’inauguration de nos nouveaux locaux et de notre 15ème anniversaire.

Créé en 1997, par une poignée de militantes et de militants, le Centre LGBT de Nantes a très vite trouvé sa place dans la paysage associatif nantais et départemental. On peut même affirmer que le Centre LGBT de Nantes rayonne sur tout le Grand Ouest pour certains sujets, et que son travail et ses actions sont reconnus au niveau national.
Ainsi, le Centre LGBT de Nantes est toujours resté fidèle aux valeurs d’ouverture définies par les fondatrices et fondateurs de cette folle aventure.

Aujourd’hui, le Centre LGBT regroupe 16 associations. Il en accueillera sans doute prochainement un peu plus, puisque des demandes viennent d’être exprimées par deux associations nantaises et une association nazairienne.

Le Centre compte également 200 adhérents directs : un record ! Il peut également compter sur l’engagement et le soutien de nombreux bénévoles et sympathisants.
Le Centre LGBT est également lié à de nombreux partenaires : institutionnels, associatifs, syndicaux, juridiques, éducatifs, commerciaux, mais également médiatiques, artistiques et culturels…

Pour résumer, le Centre fait partie intégrante de la Cité. Il entend continuer à agir dans les domaines de la santé, de la prévention, mais aussi de l’éducation, de la lutte contre toutes les formes de discrimination ainsi que toutes les formes d’homophobie.

Le Centre LGBT de Nantes continue aussi à travailler pour le bien-être de toutes les personnes qui souffrent de leurs différences. Il souhaite se battre pour que ces différences soient visibles et acceptées par l’ensemble du corps social.

Cette visibilité, vous le savez bien, est surtout exprimée à l’occasion de notre Gay Pride, dont nous sommes aussi les organisateurs et qui cette année se tiendra le 2 juin. Ce moment d’expression collective constitue encore et toujours une nécessité pour de nombreuses personnes… qui entendent tout simplement pouvoir vivre leur vie, y compris affective, en toute liberté et de façon épanouie, comme peuvent le faire tous les citoyens.

Pouvoir prendre la main de la personne que l’on aime où bon nous semble. Pouvoir s’embrasser si on le souhaite et se vêtir comme on l’entend, ne devraient plus poser de problème dans la France de 2012. Pourtant, chaque année, nous observons des agressions et des violences qui tuent, blessent, détruisent et anéantissent des trans, des lesbiennes, des gays, des bi, des queers ainsi que des personnes qui refusent de se définir par leur genre.

Nous observons aussi des inégalités criantes dans la vie de tous les jours : au travail, mais aussi dans l’accès au logement…

Nous observons aussi des exclusions : de la part de certaines familles, de manuels scolaires, du don du sang…

Des rejets révoltants, notamment religieux et parfois politiques…

Nous déplorons enfin et surtout une discrimination juridique entretenue depuis trop longtemps par un État qui refuse de voir que la République est belle quand on lui permet de tenir ses promesses de Liberté, d’Égalité et de Fraternité.

Nous constatons toutes et tous que cette promesse n’est non seulement pas respectée, mais qu’elle est tout simplement refusée aux enfants de la République qui entendent construire des unions et des familles différentes.

Lorsque nous réclamons le mariage pour tous les couples. Lorsque nous demandons la possibilité de la procréation médicale assistée pour les femmes en couple. Quand nous demandons la reconnaissance de l’homoparentalité… et quand nous demandons des ajustements juridiques plus adaptés aux réalités familiales d’aujourd’hui, nous ne prêchons pas pour une chapelle communautariste. Le PACS, qui a profité à tous les couples en est une belle illustration.

Nous demandons tout simplement à ce que l’État reconnaisse la diversité des modèles familiaux. Nous lui demandons d’ouvrir les yeux sur une réalité qui s’impose à toutes et tous : le modèle de la famille tel qu’il a été conçu au XIXème siècle est aujourd’hui un modèle minoritaire. Il n’y a pas de modèle qui s’impose aux autres, mais une juxtaposition de réalités familiales évolutives qui constituent une richesse pour l’ensemble de la société.

A l’heure actuelle, les lois de la République ne protègent pas tous les parents. Elles ignorent les beaux-parents. Elles vont même jusqu’à ignorer le droit des enfants à avoir deux parents.

C’est pourquoi cette année est importante. 2012 est un rendez-vous démocratique majeur, et nous observerons les positionnements de toutes les candidates et de tous les candidats à l’élection présidentielle sur ces questions. J’ajoute au passage, et cela n’échappe à personne, que nos demandes relèvent de la seule volonté politique. Elles n’impliquent pas de coût au budget national, elles ne mettent pas en péril le triple A de la France auprès des grandes agences de notation.

Comme vous le savez déjà, les questionnements des militants LGBT se sont toujours inscrits dans une volonté d’ouverture d’esprit, de transformation sociale, résolument républicaine, laïque, démocratique et pluraliste. Nous savons aussi que nos combats pour l’égalité sont naturellement liés aux combats des féministes pour une société dans laquelle le genre ne doit plus être un élément discriminant. Mais nous savons également que pour être acceptée et comprise, l’égalité ne peut s’épanouir que dans une société apaisée, réconciliée, plus juste, et plus fraternelle.

Vous savez aussi que nos actions et nos combats s’inscrivent dans un vaste mouvement universel, partout engagé. En 2012, il est encore des pays dans lesquels l’homosexualité signifie la peine de mort. Quelles réponses pouvons-nous apporter à ces personnes dont l’existence est menacée ? Quelles exigences vis-à-vis d’États tortionnaires et irrespectueux des droits les plus élémentaires ? Comment répondre aux besoins d’accessibilité de traitements contre le SIDA ?
Là encore, nous attendons des réponses concrètes de la part de l’État, notamment sur le droit d’asile pour les LGBT dont la vie est menacée dans leur pays d’origine. Bien plus qu’à des positionnements archaïques et moralisateurs au sujet d’hypothétiques hiérarchies entre les civilisations, c’est à ces interrogations que nous souhaitons que des solutions soient apportées. Dans ce domaine également, nous attendons de l’exemplarité plutôt que de grandes leçons arrogantes qui ne répondent pas aux problèmes du respect des droits de l’homme.

Vous le voyez, les débats que nous souhaitons partager avec l’ensemble de la population sont à la fois vastes et intéressants. Ils questionnent la société et donc les représentants que vous êtes.

A leur niveau, les collectivités territoriales pour la gestion desquelles la majorité de nos concitoyens vous ont accordé leur confiance sont à nos côtés. Chacun, selon les compétences de vos collectivités, vous avez agi et vous agissez en faveur d’une transformation sociale pour plus de liberté, de tolérance, d’ouverture d’esprit, d’égalité, de solidarité, de laïcité… Bref, vous vous efforcez, au quotidien, de faire vivre la République dans tous ses territoires.

Ainsi, dès 1997, la ville de Nantes était à nos côtés. En 2004, le Conseil général de Loire-Atlantique apportait aussi sa contribution. Grâce à vos choix et vos engagements, nous disposons aujourd’hui de ce magnifique local et nous pouvons financer le salaire de notre permanent. 2004, c’est aussi l’année où le Conseil régional a décidé de se joindre aux autres collectivités pour soutenir « Cinépride », notre festival de cinéma LGBT qui se déroulera cette année entre le 9 et le 14 mai 2012. Vous y êtes cordialement invité-e-s.

Je ne vais pas lister ici toutes les aides ponctuelles, pas nécessairement financières d’ailleurs, que vous nous avez accordées, mais elles nous ont toujours été données dans la confiance, et sans aucune contrepartie autre que celles d’apporter des réponses et du soulagement aux publics qui ont besoin de nous. Nous vous en remercions sincèrement.

Enfin, par votre seule présence. Grâce à la disponibilité de nombreuses et nombreux élu-e-s, ici présentes et présents, vous témoignez aujourd’hui votre solidarité.

On dit trop souvent que depuis 1998, rien n’a bougé et que la France est passée du peloton de tête des nations les plus avancées en matière d’égalité des droits à une position qui nous place désormais derrière l’Argentine, l’Afrique du Sud, le Canada, certains États des USA, le Portugal, l’Espagne… et j’en passe.

C’est vrai, l’État est resté immobile. Mais nous ne pouvons pas dire que cela est vrai pour la France. Nous constatons, au sein de la Fédération LGBT de France, où je représentais le Centre LGBT de Nantes, à Toulouse, le week-end dernier, que dans nos Régions, nos villes et nos départements, ça bouge ! Nous disposons de plus de moyens pour mener nos actions, et c’est aux collectivités territoriales que nous le devons.

Encore merci de notre part à tous. Merci d’être à nos côtés. Merci d’afficher votre unité et votre volonté commune d’agir pour une société plus juste et plus solidaire. Merci aussi à toutes et tous les élu-e-s qui nous apportent leur soutien. Merci à toutes les associations du Centre LGBT. Merci à l’ensemble de nos partenaires. Un merci particulier à tous les commerçants LGBT ainsi que les commerçants de la rue Joffre, toujours aidants et solidaires. Merci aussi à Raphaël, notre permanent, ainsi que Laurent, notre stagiaire. Enfin, un grand merci à tous les bénévoles et adhérents d’hier et d’aujourd’hui. Merci à toutes et tous, sans qui le Centre LGBT de Nantes ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui.

Cet engagement incessant des bénévoles du Centre sera mis à l’honneur durant tout le week-end.

C’est pourquoi vous êtes toutes et tous invité-e-s à venir débattre avec nous et l’association David & Jonathan sur la question du genre dans les manuels scolaires, demain après-midi, ici à partir de 14 heures.

Enfin, vous êtes aussi invité-e-s à vous joindre à nous demain soir à partir de 20 heures 30, pour une soirée festive, fraternelle et plein de surprises.

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